Richard III
Scénographie I Théâtre I 2015

« Here is the winter of our discontent made glorious summer by this sun of York » premiers mots de Richard III

 

Shakespeare a écrit pour le théâtre du Globe, donc en ayant un espace précis en tête qui est inscrit dans la matière du texte même. Le défi consiste alors à créer un rapport élisabéthain dans un théâtre à l’italienne. Si le théâtre à l’italienne engouffre le spectateur vers la scène, celui à l’élisabéthaine propulse l’acteur vers la salle. Il n’y a pas de quatrième mur dans le théâtre de Shakespeare et les textes sont donnés sous la lumière du jour qui décline lentement vers la nuit. On n’impose pas l’image de la nuit dans le Globe, on expérimente la disparition du jour. 

 

Nous avons donc situé le début de la représentation sous un soleil flamboyant qui baigne la scène et la salle, rapprochant Richard d’un public qu’il prend immédiatement à partie. S’il contrôle son environnement au départ il est de plus en plus vulnérable dans un grand espace dont on reconnait de moins en moins les limites. La finale se déroule dans le noir épais de l’inconscient, vers la mort et sous une lune blanche et froide. Au sol, un espace dynamique et pentu, aux accès multiples qui permettent aux performeurs d’apparaître et de disparaître instantanément puis à Richard d’amplifier sa démarche claudiquante. Sous leurs pieds, une matière changeante sous la lumière, du noir froid et mat du plomb aux accents chatoyants du cuivre et de l’or. Au-dessus, un espace « météorologique » qui mime le ciel au-dessus du Globe mais surtout qui réagit aux humeurs et à la chute du Duc d’York. En ce sens, Richard EST le lieu, l’espace monstrueux qui passe de l’ordre au chaos et qui nous précipite vers les ténèbres.

Traduction Jean-Marc Dalpé

Mise en scène de Brigitte Haentjens

Costumes Yso

Éclairage Étienne Boucher

Une création de Sibyllines en collaboration avec le Théâtre du Nouveau Monde et du Théâtre Français du CNA