Hamlet Machine
Scénographie I Théâtre I 2001

Il y eut d’abord un espace trouvé, une ancienne salle de bal et ses deux colonnes Morris. Puis le désir d’orienter l’oeil du spectateur vers un espace central, le bar baigné d’une lumière chaude, sorte de monde parallèle et de coulisse à vue où les acteurs allaient se changer. Pour se rendre à son siège le spectateur devait traverser la cuisine attenante, pleine de ses odeurs d’huiles rances, un espace de travail abandonné et une introduction pour se conditionner avant de s’exposer aux mots cruels de Müller qui demande, dans ses didascalies, qu’un portrait de l’auteur trône au centre de la scène. 

 

L’apparence d’une insaisissable étrangeté est donnée par la construction d’un très long mur peint aux couleurs des murs existants dans une harmonie grinçante de bleu, de vert et de rouge, puis posé au sol en plein désaccord avec la trame du plancher. Plusieurs n’y ont pas vu de décor, d’autres y ont imaginé des objets absents de la représentation. Une révélation du pouvoir de la théâtralité.

 

De Heiner Müller

Mise en scène de Brigitte Haentjens

Costumes de Julie Charland

Éclairage de Étienne Boucher

 

Une production de Sibyllines présentée à l'Union Française, Montréal